London calling

Langham Hotel

En octobre, j’ai passé pas mal de temps à Londres puisque j’y ai disputé deux tournois consécutifs…

Global Chess League

C’était la deuxième saison de ce tournoi par équipes de 6 joueurs organisé par la société indienne Tech Mahindra. Notre équipe des Mumba Masters était privée d’Alexander Grischuk, qui n’a pas pu obtenir de visa ; il a été remplacé par Peter Svidler. Nous avons également eu un changement sur l’échiquier jeune, avec l’arrivée de Raunak Sadhwani. Dans l’ensemble, il y avait une bonne ambiance, Ces matches par équipes sont toujours sympas, avec pas mal de moments conviviaux, des blitz, des séances de ping-pong etc… Mais malheureusement nous avons perdu beaucoup de matches chauds en début de compétition. Dès lors, nous avons rapidement été éliminés de la course aux 2 premières places qualificatives pour la grande finale ; il ne nous restait plus qu’à sauver l’honneur. La cadence était de 20+0, une cadence un peu bâtarde, mais le « sans incrément » revient clairement à la mode ! A titre personnel, j’ai réalisé un score de 5/10 sur l’échiquier « Icone » face à Carlsen, Anand, Giri, Firouzja et Nakamura, que j’ai rencontrés chacun deux fois.

Carlsen dubitatif, et sur le point d’abandonner contre Maxime (Image : Global Chess League).
Carlsen dubitatif, et sur le point d’abandonner contre Maxime (Image : Global Chess League).

Bien sûr, je suis satisfait de mes victoires 1.5-0.5 face aux trois premiers nommés, au terme de parties plutôt bien maîtrisées ; mais un peu moins de ma défaite contre Naka, et surtout du 0-2 que m’a infligé Alireza… En effet, il n’est jamais agréable de subir deux défaites dans des positions qui auraient largement pu déboucher sur des victoires ! C’est la différence entre un résultat correct et un bon résultat. Du point de vue de l’équipe, ces deux défaites ont coûté les matches, et ça aurait pu changer pas mal de choses dans la course aux play-offs. Bon, mais j’ai aussi fait gagner d’autres matches à l’équipe 😊.

WR Chess Masters

Deux stations de métro plus loin, retour aux échecs classiques au Langham Hotel, un très beau palace londonien avec un excellent restaurant français tenu par Michel Roux, le Palm Court. A noter qu’Alireza, jamais avare en surprises, le connaissait grâce à la série Netflix « Chef 5 étoiles » qui se déroule précisément au Court Palm !

En route pour le Langham Hotel !

Le tournoi en lui-même avait un format original, que j’ai certes beaucoup apprécié, mais néanmoins très difficile (1h/30c, 30’/20c + 30’ko). Format coupe, deux parties de potentiellement 4 heures par jour, et un éventuel tie-break tard le soir ! Une partie à 10h (c’est vraiment tôt), le match retour à 17h, et le tie-break à 22h, ça fait de sacrées journées ! Avec des parties de 3 heures maximum, on pourrait facilement commencer à 11h, voire midi. Mais 4h, c’est le minimum imposé par la FIDE pour des parties longues (pour ceux qui se demanderaient quelle est la raison de cette cadence un peu bizarre sans incrément…). Nous avons eu quelques discussions techniques en amont, parce qu’il y avait pas mal de petits sujets à aborder en raison de l’absence d’incrément, notamment comment gérer si des joueurs font voler les pièces en zeitnot. J’ai aussi suggéré qu’à l’avenir dans ces tournois knock-out à 16 joueurs, il n’y ait pas 16 têtes de séries, avec tout le tableau décidé de A à Z, mais seulement 4 têtes de série et un tirage au sort, comme ça se fait au tennis.

Place au jeu ! J’ai commencé en 1/8e de finale contre Sindarov, le joueur le moins bien classé que j’ai joué dans le tournoi, mais qui m’a posé beaucoup de problèmes tout au long du match (ça inclut l’Armageddon !). Je m’en suis sorti un peu à l’arraché. Je savais que ça allait être un match difficile, c’est quand même lui qui m’a éliminé de la Coupe du Monde 2023 et qui est capable de performer à très haut niveau. Je suis plutôt satisfait de m’en être sorti indemne !

Après, j’ai fini mon championnat de l’Ouzbékistan contre Abdusattorov 😊. En effet, j’ai enchaîné 5 parties de suite contre des Ouzbeks (y compris la dernière partie des Olympiades), et même 7 si on inclut les 2 Armageddon du présent tournoi ! J’ai mieux maîtrisé ce match, même si avec les noirs, je me suis retrouvé un peu en difficulté. Mais j’ai réussi à résoudre ça, en acrobate de la Grünfeld que je suis 😊. Passons directement à l’Armageddon, qui a été l’occasion d’une bonne prestation de ma part.

12…Ch5 est logique dans la mesure où 12…exd4 13.cxd4 Fxf3?! 14.gxf3 était inférieur, mais également parce que sur 13.Fe3, il y aurait maintenant 13…Fxf3 14.gxf3 Cf4 qui ne va pas pour les blancs (puisqu’il n’y a pas eu l’échange en d4). Donc, j’ai dû fermer le centre par 13.d5, mais j’ai pris l’ascendant après 13…Ce7 14.h3 Fxf3 15.Dxf3 Cxg3 16.fxg3!, un coup typique dans ce genre de position, et qui est sympa à montrer pour mes chers lecteurs 😊.

J’ai pu progressivement améliorer ma position, surtout après 16…f5 17.g4 fxe4?! (17…fxg4 était plus fort, mais ce n’était pas facile à voir) 18.Dxe4 Rh8 19.Fe3, car le Ce7 se retrouve vraiment dominé dans la position. Après 19…c6 20.Fb3 (20.c4! était plus précis), je pensais qu’il devait absolument prendre en d5, et après 20…cxd5 21.Fxd5 Cxd5 22.Dxd5, tenter d’égaliser par 22…Db5!. 20…c5? était une faute stratégique, après laquelle les noirs sont en souffrance. Je pensais alors jouer à l’aile-Dame, comme toujours dans ces structures, mais en fait, c’est à l’aile-Roi que j’ai un gros avantage, ce qui est paradoxal.

Il y avait un plan très fort, que je n’ai pas vu, qui consistait à mettre mes pions en h4, g5 et g4, puis à continuer par Rg2, Th1, h5 et Fc2 et c’est moi qui attaque à l’aile-Roi !

Ici, j’ai conservé mon avantage à l’aile-Dame, mais il y a un coup très difficile à trouver. En effet, il faut comprendre que les noirs menacent bien plus 37…h5! – pour inciter à la prise en passant et faire revivre leur Fg7 – que 37…Tf4 ; d’où 37.Fd2! avec domination complète, par exemple 37…Df2 38.De1!. Mais Nodirbek comme moi-même n’avons anticipé que 37.Txb7? Tf4? alors que 37…h5! égalisait, certes de manière un peu miraculeuse. Les blancs ont une multitude de façons de continuer d’attaquer, mais aucune n’est satisfaisante. 38.Fe6? Ce2! ne serait vraiment pas une bonne idée. 38.Dxg6 Df4+ ne donne que le perpétuel. 38.gxh6 Fxh6 donne l’accès à la case f4, et l’on se moque de 39.Fxd4 exd4 40.Dxd4+ Tf6!. Enfin, 38.Fxd4 exd4 (38…hxg4? 39.Fg1!) 39.Fe2 à l’air fort puisque si 39…Fe5+? 40.Dxe5 ; mais les noirs ont encore la ressource 39…Dc1!, et avec les menaces …Fe5+ ou …Dxg5, la position reste très incertaine.

Dans la partie, j’ai conclu par 38.Tb8+ Ff8 39.De1 (j’avais aussi vu le plus simple 39.Txf8+ Txf8 40.Fxd4) 39…Dd3 40.b5! et les noirs sont pris à la gorge sur tout l’échiquier. Au final, c’est toute la conception qui fait qu’avec les pions en d5 et g5, la position noire est complètement paralysée tout au long de la partie.

Début de la demi-finale contre Firouzja (Image : ChessBase India).

En demi-finale le jour suivant, j’étais donc confronté à mon compatriote Alireza (Firouzja). La première partie, une Sicilienne Alapine, s’est avérée assez chaude, surtout quand j’ai commencé à perdre le contrôle de la position… Mais comme nous étions en manque de temps, nous avons naturellement été conduits, comme souvent dans ce genre de situation, vers la suite qui échangeait toutes les pièces. La partie avec les noirs s’est bien passée, grâce à une très bonne préparation qui a asséché la position.

En revanche, mon troisième Armageddon n’a pas été maîtrisé ; il faut dire que je ne m’attendais pas à ce qu’Alireza vienne me chercher sur une si grosse variante de la Najdorf !

Je savais que je ne jouais pas exactement ma préparation, mais je connaissais assez bien cette variante où les blancs sacrifient le pion d5. Ici, je pensais que 19.Fxf6 Fxf6 20.gxh5 e4? (mieux vaut 20…Cc4) 21.fxe4 De5 était fort, mais en fait c’est très mauvais car il y a 22.c3 Dxh5 23.Df2 Cd7 24.Th1. Mais il a joué 19.Dh2, le coup auquel je m’attendais, après une très longue réflexion. C’est « mal joué » de sa part, car ce sont des positions où je vais pouvoir jouer des coups instinctivement et lui beaucoup moins. J’ai joué 19…Tae8?! un peu trop rapidement parce que j’ai raté 20.Dxe5 Dxe5 21.Txe5 et si 21…hxg4? 22.Txe7!. Du coup, j’ai été obligé de jouer 21…Fd8 mais là il a 22.Txe8 Txe8 23.Cc5 hxg4 24.Cxb7 et j’avais le choix entre souffrir le martyre avec 24…Fe7 ou donner la pièce et tenter de pêcher en eau trouble par 24…gxf3!? 25.Cxd8 Ce4. Evidemment, fidèle à moi-même 😊, j’ai fait le second choix, avec mon pion f2 à l’abordage après 26.Cc6 f2. Il a pris pas mal de temps ici, car tout à l’air gagnant pour les blancs, mais rien n’est vraiment complètement clair ; c’est l’avantage de ce genre de positions. Moi, je trouvais que le plus « clean » serait peut-être 27.Fe3, mais 27.Rc1 a l’air logique.

Du coup, comme je savais qu’il menaçait 28.Fe3, j’ai joué 27…Cg3. Là, il y a 28.Ce7+ Rg7 29.Fe3 qui suffit ; ce sont des variantes assez simples mais il y a tellement d’options… Il a joué 28.b3 et soudainement c’est un peu moins clair, même si après 28…Te1 29.Ff4 Cf5, le gain le plus simple était 30.Rd2 Cxh4 31.Cd4. Après 30.Fd2 Tg1 il y avait encore 31.Ce7+! Cxe7 32.Fe3, mais là ça devient difficile à trouver ! Il a joué le plus naturel 31.Tf1 avec une idée similaire (sur 31…Cg3 32.Fe3! Cxf1 33.Fxf2!). Du coup, j’ai répliqué 31…d4. Là, 32.Cxd4 était fort, et sur 32…Cg3 33.Td1. Mais il a joué 32.Rb2 Ce3 33.Fxe3 dxe3 34.Fxa6 Cd5 35.Cd4 Cf4, qui reste clairement gagnant mais la position est très piégeuse, surtout qu’il commence à être vraiment en manque de temps. Après 36.c3 Ch5, il a fini par gaffer avec 37.b4?? Cg3 38.Tc1 Txc1 et 0-1 car le pion noir va à Dame après 39.Rxc1 e2!. Pourtant, malgré les nombreuses imprécisions, les blancs restaient gagnants après 37.Cc2! Cg3 38.Cxe3 Cxf1 39.Cxf1. Un gros retournement de situation, comme ça arrive parfois dans ce genre de Najdorf 😊.

Ensuite, finale contre Erigaisi qui était, et est toujours, dans une forme éblouissante lui permettant de chatouiller les 2800 Elo. Encore une fois, j’ai commencé avec les blancs. C’est vrai que ça a donné beaucoup de parties où je n’ai peut-être pas été au bout du potentiel des positions avec les blancs, mais bon ce sont des parties du matin 😊. De plus, il faut quand même être très prudent, parce qu’une défaite est quasiment égale à une élimination ; d’ailleurs, le seul qui est revenu d’une défaite avec les blancs, c’est Abdusattorov contre Kosteniuk au premier tour, et l’on peut dire que cette contre-performance n’était vraiment pas attendue.

Contre Erigaisi, j’ai sans doute été un peu trop solide avec les blancs, mais par contre avec les noirs, ça s’est plutôt bien passé. Dans la Najdorf 6.Fe2, je connaissais cette sous-variante un peu atypique 6…e5 7.Cb3 Fe7 8.h4 Fe6 9.f4!?. Je me suis dit qu’il y avait pas mal de coups qui devaient aller mais j’ai voulu tenter une ligne contre laquelle il serait moins préparé, d’où 9…g6!?. Le débat est devenu très tendu immédiatement !

Ici, le meilleur était 15.Fxb7!, sur quoi Il y avait deux suites possibles ; 15…Ta7 16.Ff3 Dxd6 d’abord, qui pour moi semblait le meilleur, mais la machine nous montre que 17.Fh6! est très fort. L’alternative 15…Fc4+ 16.Rg1 Fxb3 laisse également l’avantage aux blancs après 17.Ce4! (mais pas 17.axb3?? Dc5+), mais c’est loin d’être évident de prime abord. Erigaisi a préféré 15.Ce4 Cc6 16.Cxg3 Dxg3 17.Fxc6 (là, il y a encore 17.Fe3!, mais c’est trop dur) 17…bxc6 18.Dd4 (la suite logique) 18…f6. Juste après avoir joué ce coup, je me suis aperçu que le spectaculaire 18…Fd5! était peut-être jouable ! Plus je regardais les lignes, plus je me disais que ça aurait été intéressant puisque 19.Dxh8+? Cf8 ne marchait pas à cause de la double menace …Fc4# et …Dxg2+. Mais mes regrets ont été limités car j’ai rapidement compris que 19.De3+ était possible et que je n’aurais pas été mieux après l’échange des Dames. Après 19.Ff4 Dg4, j’ai regardé 20.Cc5 avec attention. Je voulais d’abord 19…Fd5?!, mais ce n’est en fait pas très bon à cause de 20.De3+ Ce5 21.Dg3!, et la construction Cc5/Pd6 est surpuissante. 19…0-0 est le petit coup sûr que j’aurais sans doute choisi. Mais il a fini par jouer 20.Fd2 qui m’a semblé un peu bizarre, je dois dire. Après 20…Ce5, je regardais 21.Th4 qui est le meilleur coup, mais il n’a sans doute pas voulu de 21…Fc4+ 22.Rf2 De2+ 23.Rg1 Fd5, et il a joué 21.Dxg4 Fxg4 22.Fa5. J’avais vu cela en avance, avec le transfert du Fou en c7 pour soutenir le pion d6. S’il a le Fou en c7 et que ma Tour reste en a8, ça peut devenir un peu désagréable, d’où l’immédiat 22…Tb8!. Je pensais que ça commençait à bien se présenter pour moi avec la Tour qui arrive en b5, le Cb3 qui est un peu dominé, et pas trop de possibilité de jouer c4…

Après le sacrifice de qualité 30…Txb3! 31.cxb3 Fd5!, je me disais que ça allait être très difficile pour lui, mais l’ordinateur rigole à l’avance 😊. Et notre futur membre du club +2800 a trouvé les coups ! 32.Td4 est le plus simple car ça empêche 32…Cf3+ à cause de 33.Txf3 Fxf3 34.Tf4 et 35.Txf6. 32…g5 33.Rf1 Th1+ 34.Re2 Th2+ 35.Rd1. Maintenant, sur 35…Txb2, il y a 36.Tb4, voire 36.Th3, d’où 35…Ff3+ 36.Rc1 c5. En amont, je pensais être nettement mieux ici, mais je me suis aperçu au fur et à mesure que 37.Tc4! était possible (37.Td2? Th1+ 38.Rc2 g4! perdait) et nulle après 37…Cxc4 38.bxc4 Fg4. Une nulle de combat où chacun a eu l’impression d’avoir sa chance, mais surtout moi en fait ! Bizarrement, on n’a rien raté, c’était une partie de grande qualité en fait.

Finale Erigaisi-Mvl.
Finale Erigaisi-Mvl.

Ne restait donc qu’un ultime Armageddon pour la gagne du tournoi…

Je ne savais pas du tout ce qu’il allait me jouer, je ne pensais pas qu’il choisirait la Petroff, mais j’avais quand même une idée sur la variante qu’il a choisie, sauf que je l’ai mal gérée.

J’ai joué 22.Fe6? trop vite. J’aurais dû commencer par 22.Tb5 Da3 23.Txd5, car après 22…Cc6, sur 23.Tb5? il y a maintenant 23…Cd4 24.Fxf7+ Rf8! (le coup que j’ai raté). Pendant la partie, je pensais que 24…Rh8? gagnait pour les noirs, mais non ! 25.De8+! Txe8 26.Txa5 +-. J’ai donc été forcé de prendre en f7 et après 23.Fxf7+ Rxf7, jouer 24.Tb5. Mais maintenant, certes il n’y a qu’un seul coup pour les noirs, mais il n’est pas très dur à trouver car il faut protéger le Cc6, c’est donc 24…Dc3. Après 25.Dh5+ Rf8 26.Txd5 Td8 27.Tfd1 Ce7, les noirs ont deux pièces pour la Tour, ont consolidé leur position et mon attaque est moribonde. J’ai remarqué quand j’ai joué 28.Tb5? que 28.T5d2 aurait tendu le piège 28…Fxh2+? 29.Dxh2 Txd2 30.Df4+. Mais je l’ai vu une demi-seconde trop tard, alors que j’avais pourtant pris pas mal de temps sur ce coup ; en fait, 12 secondes, ce qui en Armageddon est une éternité 😊.

J’ai quand même réussi à trouver des ressources plus tard dans la partie.

J’ai commencé à y croire ici, car sur 35…Cd4? 36.De8+ Rh7 37.Tf8 Dc1+ 38.Rg2 Dc6+ 39.Dxc6 Cxc6 40.Tc8 gagne. J’ai senti qu’il l’avait vu à temps, il a paniqué et il est revenu par 35…Ce7. Mauvaise nouvelle pour lui, la position est redevenue égale, bonne nouvelle ce n’est « que » égal et j’ai l’obligation de gagner avec les blancs ! 36.Tf8+ Rh7 37.De4+ Cg6 38.Te8 Fe5 39.Te6 Ff6 40.h4 Dd4 41.Df5 Dc5. Malheureusement, je n’ai pas vu ma dernière possibilité de tenter quelque chose par 42.Dxc5 bxc5 43.Ta6, même si je ne suis pas très optimiste sur mes chances objectives dans cette finale. Mais avec moins de 2 minutes à la pendule, ce n’aurait pas été si simple en pratique pour les noirs.

Dans la partie, j’ai tenté de forcer un peu les événements en gardant les Dames par 42.Db1, mais j’ai même fini par la perdre !

Félicitations à Arjun Erigaisi pour sa victoire finale dans le tournoi, qui fait suite à son titre olympique avec l’Inde ; sur ce qu’il produit depuis 1 an, il mérite ces récompenses !

Les parties de Maxime à la Global Chess League :

Les parties de Maxime au WR Chess Master :

Pour tous les joueurs d’échecs qui, à l’instar d’une certain A Karpov, ont un faible pour la philatélie, sachez qu’il existe 10 timbres à l’effigie de Maxime, tous émis entre 2012 et 2019, et issus de pays africains !

Du Togo aux Maldives, de la Guinée-Bissau à la République Centrafricaine, du Niger à la Guinée, jusque sur la petite île de Sao Tomé-et-Principe, on trouve des émissions spéciales Echecs dans le cadre de collections sur le sport ou d’autres thématiques plus originales dans lesquelles le noble jeu est inclus.

Timbres de la République Centrafricaine de 2017.

Une histoire de lunettes et un peu d’échecs

Une histoire de lunettes et un peu d'échecs

Bien qu’ayant eu assez peu de repos au retour de la tournée US, j’étais content à la perspective de retrouver l’équipe de France et mes coéquipiers, d’autant que j’avais quand même manqué les Olympiades de Chennai (Inde) en 2022. Dommage qu’Alireza n’en ait pas été présent parce que ça aurait pu faire une très belle équipe face aux armadas qui étaient annoncées…

Après quelques inévitables péripéties pendant le voyage de l’équipe et lors de l’installation, nous avons rapidement pris nos marques à Budapest, avec notre QG dans un restaurant le midi, et une routine globale avant et après les matches.

Tentative de rafistolage des lunettes ! (Image : Ffe).
Tentative de rafistolage des lunettes ! (Image : Ffe).

Dès ma deuxième partie (Ronde 3 contre Kadric, Montenegro), j’ai eu un problème de lunettes qui m’a bien perturbé. Je les ai retrouvées avec une branche cassée le matin (ne me demandez pas pourquoi !). Avec le capitaine de l’équipe, Sébastien Mazé, on s’est dit qu’on allait les faire réparer et nous sommes partis pour une tournée des opticiens de la capitale hongroise. Bien sûr, j’aurais préféré préparer ma partie, mais je ne peux décemment pas fonctionner dans la vie courante sans lunettes 😊. Malheureusement, tous les professionnels visités nous ont dit qu’il leur faudrait au moins 4 jours. Le problème c’était que certes, j’avais une paire de rechange, mais c’était une paire de lunettes de soleil ! (Spoiler, le règlement Fide interdit de les porter pendant les parties). Donc on a fait les malins et on a essayé de les réparer nous-même, à l’aide de super glue. Ah, c’est sûr, cette colle est super efficace, mais malheureusement pas assez pour recoller la branche, mais suffisamment pour tâcher le verre ! Ce qui fait qu’on a empiré les choses, comme souvent dans ces cas-là. Donc ma solution pendant tout le tournoi, ça a été de garder les lunettes sans branche droite pendant les parties, et de porter les lunettes de soleil le reste du temps. Même quand il pleuvait ou qu’il faisait nuit dans Budapest, on pouvait apercevoir un drôle de gugus en lunettes de soleil 😊.

Certes, je m’y suis fait et pendant les parties, ça ne m’a finalement pas tant gêné que ça. Ca ne perturbait pas mon champ de vision, les verres étaient bien placés, et la position naturelle des lunettes restait à peu près stable. J’avais juste besoin de les réajuster régulièrement, et de faire un petit peu attention qu’elles ne tombent pas.

Petit selfie nocturne en lunettes de soleil…
Petit selfie nocturne en lunettes de soleil…

Après cet intermède optique, revenons aux échecs ! En ce qui concerne l’équipe, alors que j’ai rapidement annulé en ce « jour des lunettes », nous avons perdu le match contre le Monténégro. Mais nous sommes bien remontés par la suite pour finir en embuscade avant la journée de repos. On est repartis ronde 7 contre la Géorgie, un match piège contre des joueurs qui ne sont pas très bien classés, mais qui sont assez expérimentés ; certes, c’est une équipe assez vieillissante, malgré l’apport d’un petit nouveau (Kacharava), mais qui ne jouait pas contre nous.

J’ai disputé une belle partie, mais nous avons tout de même été tenus en échec 2-2.

Mvl – Mchedlishvili (2574) 1-0

J’avais repéré que sur 1.c4, le joueur géorgien avait beaucoup varié pendant le tournoi, et qu’il avait l’air assez indécis. Pendant la journée de repos, j’ai donc décidé d’approfondir ça, surtout après avoir vu qu’il jouait parfois une variante de la Slave dont il ne semblait pas au fait des derniers développements. En plus, j’avais déjà essayé cette ligne avec les noirs dans les tournois en ligne de 2020-2021. Je l’avais pas mal travaillée et je savais que c’était dangereux, notamment après le sacrifice de pion dans la position suivante :

Malgré cette bonne base, je me suis un peu planté parce que je me souvenais de 15…Cxd5 en coup principal, et sur 15…exd5 j’avais en mémoire 16.Fc1 Db6!. Je savais donc que 16…Cb6?! n’était pas bon, mais je ne savais pas pourquoi ! Après 17.g4 b4, je n’ai pas du tout pensé à 18.Ca4!, un coup difficile qui constituait la vraie réfutation. En effet, après 18.Cxd5 Cfxd5 19.e4 Cc3+ 20.bxc3 Dc8, j’ai joué 21.cxb4? un peu par dépit parce que je sentais que je n’avais pas optimisé. J’avais envisagé 21.h4, qui était le coup pour prendre l’avantage en dissuadant notamment les noirs de roquer, mais je n’y ai pas cru. Dans la partie, alors qu’il avait des compensations pour les deux pions sacrifiés, il m’a laissé consolider progressivement ma position.

A partir de ce moment-là j’ai très bien joué. Il y avait un petit semblant d’attaque pour les noirs, mais en réalité pas suffisamment… 28.Db3! (en route vers c3, d’où la Dame contrôlera à peu près tout) 28…Df4 29.Dc3 Tac8 30.Fd1! Tc7 31.Fb3 (une manœuvre de Fou plutôt bien vue ; le Fb3 est idéalement placé en défense, mais il lorgne également vers f7, ce qui portera ses fruits plus tard) 31…Tdc8 32.Dd4! Dxf3 33.The1 et certes j’ai rendu les pions, mais mes pièces sont maintenant idéalement coordonnées pour conclure.

Malheureusement, on n’a pas gagné ce match alors qu’il était complètement maîtrisé. On a donc été punis tout de suite puisque nous avons été appariés contre les États-Unis et ses cinq joueurs à 2700+ à la ronde suivante, alors que si on l’avait emporté, on jouait la Hongrie…


Pour ma part, j’ai déjà joué les 4 membres principaux de l’équipe US au moins une vingtaine de fois chacun, si ce n’est beaucoup plus pour certains parce que Levon (Aronian) et Fabiano (Caruana), je pense que (en comptant toutes les cadences), ce serait plutôt entre 150 et 200 fois !

Caruana (2798) – Mvl 1/2

Au premier échiquier, j’avais donc les noirs contre Fabiano, et nous sommes rapidement arrivés dans la position suivante, issue de la variante 3.Fb5+ contre la Sicilienne.

J’avais regardé ce coup 11.a3 il y a longtemps,sans doute plus de 3 ans. Mais pendant le stage avec l’équipe de France à Vichy, juste avant les Olympiades, nous avions discuté pendant quelques minutes de cette idée, mais je ne me suis pas souvenu des détails et j’ai donc improvisé 😊. De plus, dans la stratégie de match, comme on avait décidé qu’Étienne jouerait hyper solide avec les blancs contre Wesley (So), l’idée c’était évidemment que pour moi, nulle serait un très bon résultat avec les noirs ; mais que néanmoins, si je pouvais éviter de tout neutraliser et garder quelques options ouvertes, ce ne serait pas plus mal.

La 167e partie enregistrée entre les deux joueurs ! (Photo : Fide).
La 167e partie enregistrée entre les deux joueurs ! (Photo : Fide).

Donc j’ai joué dans cet esprit, en essayant de ne pas me retrouver un petit peu moins bien à défendre un truc sans perspective, et de me réserver quelques possibilités de contre-jeu.

Un moment critique car ici Fabiano m’a laissé faire 19…Dc2 calculant qu’il pourrait profiter de la Tour noire encerclée en c2, mais ce n’était pas le cas ! Après 20.Dxc2 Txc2 21.Fc3 Cc6, il a joué 22.Ted1. Son idée de base, c’était 22.Tb1, mais il y a 22…Te2! (l’ordi dit que 22…Fg5 va aussi, mais ça laisse 23.Tdd1, ou même 23.Cxg5 hxg5 24.Fd2, et d’ailleurs je pensais qu’il jouerait ça) 23.Cd2 (pour jouer 25.Rf1 ; si 23.Rf1 de suite, alors 23…Te4 24.Ch2 f6, ma Tour arrive en f4, et même si c’est un peu acrobatique, elle ressortira !) 23…Fh4 et si 24.Tf3? Cxd4.

Avec la Tour en d1, j’ai joué 22…Fg5 puisque 22…Te2? ne marche plus à cause de 23.Cd2 Fh4 24.Cf3 et la prise en d4 n’est plus possible, la Cd2 étant protégé.

Après 23.Ce1 Tc1 24.Txc1 Fxc1, en dépit de son apparente symétrie, cette finale n’est pas complètement évidente parce que les noirs manquent quand même d’espace et que si les blancs arrivent à jouer f4-f5 ça peut vite devenir compliqué à l’aile-Roi. Toutefois, j’ai plutôt bien géré cette situation et j’ai même obtenu quelques petites chances vers le 40e coup quand il manquait de temps ; mais il a très bien défendu et tout s’est simplifié vers la nulle.

Finalement, on a perdu ce match car Maxime (Lagarde) a gaffé dans une position assez prometteuse contre Levon, et nos adversaires ont sécurisé le reste du match.

Contre l’Italie, partie insipide de ma part, où je me suis fait totalement neutraliser avec les blancs par Vocaturo ; mais on a fini par remporter un match qui était pourtant assez mal engagé. Ensuite, on a plutôt bien maîtrisé les choses contre l’Angleterre (je me suis imposé contre Vitiugov), et nous avons abordé la dernière ronde contre les jeunes champions en titre d’Ouzbékistan, avec en jeu au moins une 5e place.

Malheureusement, nous avons fini par perdre ce match, mais on aura eu toutes nos chances parce qu’encore une fois, c’est Maxime (Lagarde), en crise de temps, qui a perdu une position pourtant très prometteuse. On peut regretter aussi la nulle d’Étienne (Bacrot), plus ou moins sans jouer avec les blancs contre Yakubboev, parce qu’autant contre So, on s’était dit collectivement que c’était le bon choix stratégique, autant là, sur une dernière ronde, on aurait préféré qu’il joue…

De mon côté, j’avais les noirs contre Abdusattorov, et c’était une ronde du matin, où par la force des choses, les révisions sont moins poussées.

Abdussatorov (2766) – Mvl 1/2

Voici la position que nous avons obtenue après 20 coups d’une Najdorf très complexe.

Pour la petite histoire, Vladimir Kramnik, qui était le capitaine de l’équipe d’Ouzbekistan, m’a dit juste après la partie, avec son optimisme légendaire 😊 : « mais tu étais complètement perdant s’il jouait ceci… ». Sur le coup, je croyais qu’il me disait que j’étais complètement gagnant parce qu’effectivement, plus tard dans la partie ça avait l’air plus prometteur pour moi. Mais bon, « gagnant », je ne comprenais pas non plus ! En fait, il parlait de la position du diagramme, estimant que si les blancs avaient joué 21.Cxe6 fxe6 22.Dd3 (au lieu de 21.Dd3 tout de suite, autorisant 21…Fd7!) « [ils] auraient été gagnants ».

Pour le coup, il n’a pas complètement tort dans le sens où je suis effectivement moins bien dans cette variante, mais certainement pas perdant ! C’est une position certes un peu délicate, mais qui n’a quand même pas l’air si grave et surtout, qui laissait pas mal de jeu aux deux camps.

Finalement, j’ai plutôt bien négocié la suite de la partie, et obtenu pas mal de jeu en donnant un pion. Mais ce n’était pas suffisant pour espérer gagner.

Trois français (Fressinet, Maurizzi, Bacrot), mains sur la bouche ! (Photo : Fide).
Trois français (Fressinet, Maurizzi, Bacrot), mains sur la bouche ! (Photo : Fide).

Le bilan des Olympiades est assez décevant en termes de résultat final, puisque nous terminons à la 15e place. Comme on n’avait pas une des meilleures équipes sur la grille de départ, il aurait fallu que tout le monde surperforme pour espérer un podium. Or, il est clair que personne dans l’équipe de France n’était dans une forme exceptionnelle. Il y a certes eu de bonnes choses. Laurent (Fressinet) sur la fin, Marc’Andria (Maurizzi) sur une grosse partie de tournoi (hormis sa défaite contre l’Angleterre qui était un peu dommageable) ; de son côté, Maxime (Lagarde) a mis un peu le feu, même si ça s’est retourné contre lui dans les deux matches qu’on perd à la fin. Mais dans d’autres circonstances ça aurait pu être un très bon tournoi, et en tout cas, il a le bon état d’esprit.

A titre personnel, 7/10 c’est bien, mais pas non plus prodigieux. En fait, c’est surtout un résultat qui pâtit de la comparaison avec d’autres titulaires du 1er échiquier, comme Gukesh ou Abdusattorov, qui ont réalisé des perfs stratosphériques à Budapest !

D’ailleurs, j’en profite pour saluer comme il se doit la double médaille d’or des Indiens, qui ne souffre vraiment aucune contestation…

Classement des 30 premiers des Olympiades (Image : www.chess-results.com).

Champions Chess Tour

Trois jours après le retour de Budapest, j’ai disputé le dernier tournoi du Champions Chess Tour, au sein de la Division 1. Etant déjà qualifié parmi le Top 8 du circuit, qui disputera la finale en présentiel à Oslo du 17 au 21 décembre, j’avais surtout à coeur de m’appliquer dans mon jeu dans cette cadence que j’aime bien (10+2). Le résultat est mitigé puisque j’ai remporté mes matches contre Nepo et Grischuk, mais perdu deux fois contre Aronian, et que je termine à la 4e place au classement final. Mais je retiendrai surtout que c’est le deuxième tournoi consécutif de ce circuit où l’on me décerne le prix de beauté ! Cette fois, pour mon attaque de mat contre Nepo…

Mvl-Nepo, Champions Chess Tour - Julius Baer Generation Cup
Mvl-Nepo, Champions Chess Tour – Julius Baer Generation Cup

Ici, ma Tour est attaquée, mais un coup de retraite comme 29.Te2 ne laisserait quasiment aucun avantage aux blancs. J’ai passé pas mal de temps (2 minutes) sur 29.Cg5! parce que même si c’est un coup qui est assez évident, je voulais vérifiais que je n’avais oublié aucune défense. Bien sûr, si 29…fxe6 30.Dxg6 gagne instantanément. Si 29…Fe7, c’est facile, la réponse est 30.Cxf7. J’ai aussi calculé 29…Te7 30.Dg3, même si dans celle-là, il aurait encore fallu trouver la punition de 30…f6, à savoir 31.Fxf6! gxf6 32.Txf6 et si l’attaque blanche n’est pas instantanément gagnante, elle sera quand même dévastatrice. Reste 29…Td6. J’avais prévu 30.Df3 comme réponse la plus simple car il ne peut toujours pas prendre en e6, et si 30…Dd7, j’ai 31.Txd6 Fxd6 32.Dxd5. Quant à 30…Dxe6, ça ne laisse aucune chance de forteresse aux noirs. Mais comme j’ai aussi vu 30.Dg3, je ne me suis pas privé de le calculer ! Si 30…fxe6 31.Dh4 c’est mat. Idem sur 30…Dxe6 31.Dh4. Du coup, ça n’a pas été si dur de comprendre que sur 30…Dd8, 31.Te8! était si fort. Ca a un côté spectaculaire mais honnêtement, c’est extrêmement facile… 31…Dxe8 32.Dh4 De4+ et maintenant, 33.Rg3!, la cerise sur le gâteau ! J’aurais pu jouer 33.Rg1 ou même 31.f3, mais j’ai choisi le plus esthétique 😊 ; on utilise le fait que la Td6 bloque l’échec du Fou en d6 !

Les 8 qualifiés du CCT pour la finale d’Oslo (Image : www.chess.com).
Les 8 qualifiés du CCT pour la finale d’Oslo (Image : www.chess.com).

Pour l’anecdote, pendant que je jouais, j’ai pensé à ma partie de 2011 contre Wang Hao (à Wijk aan zee), pas du tout sur cette ouverture mais où j’avais eu ce même thème d’attaque.

Mvl-Wang Hao, Wijk aan zee 2011
Mvl-Wang Hao, Wijk aan zee 2011

Dans cette position complètement gagnante, je n’ai que l’embarras du choix. 32.Cd2 suivi de 33.Th3 fait l’affaire, tout comme l’esthétique 32.Ff6, suivi de 33.Cg5. Mais j’ai choisi 32.Fe7??, pensant que la menace 33.Cg5 forçait l’abandon, puisque si 32…Cd3 33.Txd3 (33.Cg5?? Cf4+ 35.Rg3 Dxb3+ et si 36.Rxf4? Fd2#) ; mais maintenant, les noirs ont une défense venue d’ailleurs, 33…g5!! et si 34.Cxg5? Dxd3 contrôle h7. Par miracle, les blancs resteraient vivants grâce à 34.Tc3! gxh4 35.Txc8+ Rh7 36.Fxh4, mais dans la partie, j’ai préféré absorber le choc par 33.Txb5 Cf4+ 34.Rg3 (34.Rh1 Tc1+ 35.Cg1 Ce2 aurait été jouer avec le feu !) 34…Ce2+ 35.Rh3 Cf4+ et perpétuel.

Prochaine étape pour moi, Londres. J’y dispute deux tournois de suite, la Global Chess League du 3 au 12 octobre, un tournoi par équipes avec des parties de 20’ sans incrément ! Puis le WR Masters à partir du 14 octobre qui, lui aura la particularité de proposer une formule nouvelle et originale. Un tableau de 16 joueurs avec un système au KO, et la cadence la plus rapide pour être homologuée en classique (1h/30c, 30’/20c + 30’ ko). Cerise sur le gâteau, les deux parties d’un match auront lieu le même jour, avec un éventuel départage en Armaggedon le soir ! Un programme particulièrement chargé nous attend 😊.

Les parties de Budapest :

Les parties du Champions Chess Tour :

La partie de Maxime contre Wang Hao :

Tous les ans au début du mois de septembre, l’immense foire de Châlons-en-Champagne est the place to be. Passage obligé pour les principales personnalités politiques du pays, c’est également un lieu de convivialité et de fête, avec notamment des concerts tous les soirs. En clôture le dimanche 8 septembre, c’est Patrick Bruel, l’un des artistes français les plus connus, chanteur et comédien, qui donnait un concert. L’Echiquier Chalonnais, très actif dans le Grand Est et dirigé par l’ancien Président de la Fédération Française Diego Salazar, avait proposé au chanteur, en tant que bon amateur d’échecs, de disputer une partie amicale contre Maxime. Une initiative similaire avait eu lieu avec Garry Kasparov en 2013. La partie a donc eu lieu dans les loges juste avant le concert. Malgré l’aide de la GM française Marie Sebag, Patrick Bruel s’est incliné avec le sourire, avant de foncer se produire devant les quelque 18.000 spectateurs qui l’attendaient !

Patrick Bruel, Marie Sebag, sa fille, Diego Salazar et Mvl (de g. à d.).
Patrick Bruel, Marie Sebag, sa fille, Diego Salazar et Mvl (de g. à d.).
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